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– 20201129 – Homélie de P. Henri Imbert pour 1er dim de l’Avent

1er Avent             29-11-20             Mc 13/33-37

Il a dit : « vous avez un rôle central et nous devons tous veiller à respecter les règles sanitaires entre nous ». Mardi soir, il a dit : « veillez ».

Il a dit « si nous ne voulons pas subir demain un 3ème confinement, nous devons redoubler de vigilance » nous mettant en garde contre le risque d’une 3ème vague qui impliquerait un 3ème confinement. Mardi soir, il a dit : « vigilance ».

Mais il aurait pu dire qu’il nous faut veiller à la santé spirituelle de nos concitoyens dans notre pays. Il n’y a pas que l’économique, les jouets et les chocolats pour la bonne santé des femmes et des hommes, aujourd’hui comme hier d’ailleurs. « L’homme ne vit pas seulement de pain, mais aussi de toute Parole qui sort de la bouche de Dieu ».

Son ministre premier a ajouté, deux jours plus tard : « il faudra faire preuve de vigilance ». O combien il a raison et le 1er confinement a montré que la communauté chrétienne savait en faire preuve. Mais il a maintenu que nous étions empêchés d’écouter ensemble la voix que nous aimons laisser retentir entre nous à chacune de nos célébrations : la voix de notre Seigneur qui nous dit, ce jour, « veillez ». Veillez ; faites preuve de vigilance à l’égard de vos frères. Veillez ; prenez garde à vos frères, qu’ils ne se détournent pas de tout ce qui pourrait nuire à leur ardeur, à leur vitalité, à leur être de fils de Dieu. Veillez ; faites attention à être vous-mêmes comme ces serviteurs que je vous donne en exemple et qui ne savent pas quand ce sera le moment. Aussi veillent-ils dans l’attente du retour de leur maitre.

Ils ont dit, l’un et l’autre : les rassemblements religieux peuvent reprendre, mais dans la limite de 30 personnes. Et de s’interroger ! D’où vient ce nombre ?, pourquoi ce nombre ?, quelque soit la taille de l’édifice dans lequel pourrait se vivre ce rassemblement, notre messe. C’est 30, un point c‘est tout ! Mais 30, ce n’est pas un nombre très biblique, quoique nous savons que Joseph, l’un des 12 fils de Jacob – Israël, avait 30 ans lorsqu’il fut conduit à interpréter les songes de Pharaon ; de même que David avait 30 ans lorsqu’il devint roi, ainsi que Jésus qui avait environ 30 ans lorsqu’il débutât sa prédication après son baptême. Mais le choix de ce nombre ne doit pas être lié à ces références ! 30, alors que le Seigneur lui nous dit : « veillez ».  30 : c’est comme le 50 à l’heure en ville, mais seulement 30 dans l’hyper centre de ces mêmes villes : cela demande de la vigilance sur le compteur et sur les personnes ! Si je rapproche 30 et veiller, cela peut nous inviter à être vigilants durant le temps de l’Avent qui s’ouvre en vue d’accueillir Celui qui vient comme Parole de Dieu et annonce sa venue non pas à Bethléem, mais son retour dans la gloire. Car 30 c’est le moins que produit le grain de blé jeté en terre. Il peut produire 30, mais il peut aussi produire 60 et même 100. Il y a de la marge pour chacun ! Alors veillez : ce nombre 30 nous invite à faire produire du fruit à la parole qui est semée en nous. 30 c’est la distance qu’a parcouru la barque dans laquelle se trouve réunie la communauté : elle était à 30 stades de la rive quand Jésus la rejoint, marchant sur la mer, après avoir multiplié les pains. Mais l’autre rive n’est pas encore atteinte. Veillez alors à poursuivre la traversée accompagnée de la présence de Celui qui vient de se manifester comme le pain de vie. 30 c’est bien évident, vous l’avez en tête, c’est le montant de la somme versée par les autorités religieuses à Judas afin de leur vendre Jésus. Est-ce là une bonne affaire ? comme un vrai vendredi noir ! 30 deniers c’est surtout le rappel d’une trahison, que Judas saura regretter en allant rendre cette somme. Mais ce qui lui manquera c’est de croire qu’il pourrait croiser le regard de son Seigneur, car l’amour est toujours plus grand que le péché. Veillez alors car vous ne savez pas quand le Seigneur viendra afin d’être prêt à accueillir son regard aimant sur les serviteurs que nous essayons d’être, et que ce temps de l’Avent nous trouve en train de veiller.

Ils ont dit que les nuits des 24-25 et des 31-1er, les restrictions nocturnes seront exceptionnellement levées. Formidable ! Il y aura moyen de faire la fête. Ce sera férié aussi pour le virus ! Pourtant le Seigneur, lui, ne nous dispense pas de veiller ; pas de R T T pour la vigilance, quelque soit l’heure de la nuit. La nuit c’est cet espace de temps durant lequel règne l’obscurité, alternant régulièrement avec la lumière. Et à cause de l’obscurité qui règne durant la nuit, l’homme ne voit pas et ne peut travailler, tandis que les forces des ténèbres se déploient. Jetez donc un coup d’œil sur les programmes de telle ou telle chaine de télé : « nous avons suivi les forces de police ici ou là, durant toute une nuit. Elles ne sont pas au bout de leur peine et de leur surprise ». Alors veillez à toutes les heures des ténèbres, car c’est à cette période qu’il peut venir. Le soir : n’est-ce pas l’heure du dernier repas de Jésus avec ses disciples, durant lequel l’un de ses disciples va sortir pour le trahir. Et lorsqu’il sortit, dit l’évangile de Jean, il faisait nuit. A minuit : l’heure où le jour bascule et où la troupe va venir arrêter Celui qui est la lumière du monde, alors qu’ils sont là pour le ligoter avec leurs pauvres torches. Au chant du coq : pas besoin de s’appesantir, rappelez-vous : « c’est à l’heure où le coq chantera que tu m’auras renié 3 fois » dit Jésus à Pierre. Le matin : la sortie de Jésus pour le conduire devant Pilate lui qui au terme d’un procès expédié, va se laver les mains de l’affaire. Et ajoute l’évangéliste, « tous ses disciples l’abandonnèrent ».

Veillez : les moments de la nuit qui nous sont rapportés correspondent aux 4 veilles de la nuit. C’est le temps romain, de 3 heures en 3 heures. C’est donc durant le temps des hommes que se joue la veille de ceux qui veulent faire de leur vie une vie de service, dans l’attente de la venue de leur maitre, dont on ne sait ni le jour ni l’heure. Seulement une promesse et une espérance : « il arrivera à l’improviste ».

Je vous souhaite une bonne année. Bonne année liturgique. Veillons aux uns et aux autres. Veillons à entretenir la flamme qui nous fait désirer nous rassembler à 30, à 60, à 100. Veillons les uns sur les autres, dans l’attente de la venue du Maitre. Son heure sera notre heure.

Allez, bonne année et à bientôt, en présentiel. Mais plutôt de jour, et plutôt à 100 qu’à 30.

Bernard Leroy

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